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La prise de position dans un débat où un combat qui propose une même idée mais deux objectifs différents n'est pas une chose facile pour un citoyen. Mais comment y résister si les auteurs de ces propositions s'expriment à bien des égards au nom du peuple? Chaque camps déclare devant la mère partie, agir dans l'unique intérêt de l'amélioration de nos conditions de vie.

Face à cette querelle qui oppose les tenants du pouvoir institutionnel et certains partis de l'opposition, il paraît important de faire connaître ma réponse face à ces appels.
Je suis Mve Nze, gabonais, originaire des 9 provinces et père de 5 enfants. Citoyen et observateur de la vie politique, sociale et culturelle du Gabon. Je suis sociologue et politicien. J’ai vécu à Kinguele, Sotega, Nzeng Ayong, Akebe Poteaux, derrière l'école normale , derrière la prison, pk12, bel air , Dibadiba Avormbam , Bolokoboué et Marseille. J'ai côtoyé des familles, j'ai vu passer les rêves; j'ai côtoyé l'opulence et je connais le visage de la misère. J'ai visité des provinces et côtoyé des gens aussi différents les uns que les autres. Je me souviens encore de KM avec son célèbre quartier Menage, je me rappelle de Lozo avec la célèbre la djiz, je me rappelle de Makokou et son célèbre quartier ipasentche, je me souviens de franceville avec son quartier mythique de potos, je n'oublie pas Mouila avec sa place du marché, je pense à Lambarené avec ses deux rives et à toi Oyem avec les grands souvenirs, Bitam ville jumelle de Moanda avec l'ambiance électrique. Si je parles de ces lieux, c'est parce qu'elles renferment une partie de moi. Oui, durant chacun de mes séjours dans ces villes, j'ai appris à connaître le Gabon et les gabonais.
Chers lecteurs, en discutant avec ces frères et soeurs du pays, je suis arrivé à une seule conclusion à savoir que nous avons les mêmes problèmes. Mais avant d'étaler ces problèmes communs, permettez-moi de rappeler les faits qui justifient aujourd'hui ma prise de parole.
Le 24 octobre 2018, la rumeur apparut sur les réseaux sociaux concernant le malaise , mieux la mort du Président Ali Bongo. Et comme il est de coutume dans ce pays, aucune communication objective n'avait été faite pour éclairer l'opinion. Une semaine plus tard nous avons assisté à un spectacle désolant entre le pouvoir et son opposition. Des affirmations gratuites et des inventions des pathologies allant d'une fatigue légère à fatigue sévère... Bref. Pourtant, la masse, inquiète, ne voulait qu'une seule chose: la vérité. Et cette dernière fut révélée par deux médias étrangers : La lettre du continent et Jeune Afrique. Finalement nous découvrons tous que le Président avait subie une opération suite à un AVC.
Aucun problème particulier à ce niveau jusqu'à la modification l’alinéa de la constitution en son article 13 sur les prérogatives du vice-président de la république. Chers lecteurs par ce procédé , une partie de la classe politique voyait en cela une preuve de l'incapacité de M. Ali Bongo à bien assumer sa fonction. Ainsi nait le débat sur l'application de l'article 13 qui stipule la vacance du pouvoir.
C'est fort de ce débat que sont nées les deux invites à agir aujourd'hui pour le Gabon.
Les premiers à s'y lancer sont ceux de l'opposition qui demandent une implication collective du peuple gabonais à agir pour la défense de sa constitution. Si l'appel paraît légitime dans la forme , il y a matière à s'interroger sur le fond de la démarche. Nos frères de l'opposition fondent leurs arguments sur les suppositions. Ils ne présentent aucune preuve de la supposée mort d'Ali Bongo; aucune image justifiant des allégations des malformations physiques irréversibles etc. Dieu seul sait ce sur quoi compte cette opposition. Le peuple est étonné d’entendre ce discours basé sur des suppositions et des préjugés dont la seule source fiable est le célèbre groupe facebook info-kinguele. Tantôt Ali Bongo serait mort, tantôt il serait paralysé sans aucune certitude.
Malgré la sortie physique de M. Ali Bongo, la querelle ne s'affaiblit pas. Certains vont jusqu'à confirmer que l'homme que l'on presente est un sosie. La théorie du complot plane et le peuple est plutôt perdu, moi en premier. Faute d'un réel discours basé sur des preuves irréfutables, je décline l'appel des dix. La deuxième motivation de mon refus est basée sur la qualité des hommes qui appellent à agir. Beaucoup parmis ces derniers ont contribué à la *matérialisation* de l'esprit critique et de déviance des gabonais.
En 2010, certains d'entre eux critiquaient Olam, quelques années plutard ces mêmes acteurs se sont retrouvés avec le pouvoir pour démontrer combien de fois Olam était un moteur de l'économie gabonaise. D'autres ayant jouer un rôle majeur en 2016, se sont plutôt précipité à aller aux élections face à un pouvoir illégitime à leur yeux. Ces incohérences me laissent sceptique car rien ne me prouve que les initiateurs ne recherchent pas simplement le buzz. D'où mon rejet catégorique de cet appel à agir de nos frères de l'opposition.
En réponse à l'initiative de l'opposition, le pouvoir en place par le biais du Directeur de Cabinet du Président M.Brice Laccruche Alihanga propose un autre appel à agir. Pour lui sa démarche est découle d'un voeu de son patron qui demande la participation de tous les citoyens à la construction du Gabon.
Il souligne que les jeunes doivent aider L'Etat à leur manière. Parmi les actions énumérées par le DCP je note : Curage des caniveaux, nettoyage des rues, réparage des écoles, des bancs publics dégradés, s’occuper des aînés, des plus jeunes via des actions de soutien scolaire, etc.
Cette réponse du DCP me laisse perplexe, car pour agir il faut plutôt participer à la construction du pays. La première contribution d'un citoyen est basée sur le travail. Par son emploi on participe activement au développement du pays. Les agents municipaux sont les mieux outillés pour curer les caniveaux DCP. Les salariés à la solde du contribuable doivent jouer pleinement leur rôle. Ils peuvent très rapidement arrangé les bancs publique; des enseignants peuvent s'occuper des élèves tout comme les affaires sociales et le ministère de la famille doivent s'occuper des aînés. Face à cette mauvaise interprétation des attentes du peuple, je m'inscris en faux avec cet appel à agir et je décline l'offre du DCP car elle relève plus des associations. Chaque jeune est libre d'adhérer à une association qui agit bénévolement. Le hic c'est le fait que ces actions selon le DCP ferons l'objet d'une publication sur les réseaux sociaux. Je crains que comme nos amis de l'opposition le pouvoir recherche aussi là son blaze comme disent les petits.

Au regard de cette situation de nos élites politiques, je vais me permettre de me poser quelques questions.

De quel peuple parlent ces deux camps ?
Quels intérêts défendent-ils ?
Quelles sont nos véritables préoccupations?
Quelles propositions pour nos réels problèmes ?

Chers frères et soeurs, les deux camps sont décalés de notre réalité. Ils ne mesurent pas la galère dans laquelle nous vivons aujourd'hui. Leurs appels à agir ne changeront rien à notre quotidien car aucun des camps ne se préoccupe de nous. Leurs intérêts semblent ailleurs. Soit ils font semblant de nous distraire ou c'est une stratégie du pouvoir qui consiste à orienter le débat vers les choses futiles sans fin comme l'affaire de l'acte de naissance de M. Ali Bongo.
Mesdames et messieurs de l'opposition et du pouvoir, je viens ici formuler le type d'appel à agir que le peuple des quartiers, villes et village attend. C'est pour eux un cris de détresse, un appel de coeur car nous sommes au bord de la déprime. Oui le peuple n'en peut plus et si rien n'est fait nous y perdrons tous sans exception.
Nos attentes sur un quelconque appel à agir concernent les points suivants :
La famille nombreuse
L'éducation et la formation
Le travail
Le chômage
Le foncier et l'habitat
Le panier de la ménagère
La corruption
La santé
L'insécurité
L'unité nationale.
La vacance du pouvoir et le currage des caniveaux sont vos préoccupations à vous. Nous sommes loin de ces attentes car nous souffrons de vos choix.
Comment comprendre que l'Etat abandonne les charges aux familles nombreuses. M. Le DCP nous voulons la prise en charge obligatoire des frais de santé, de logements et d'éducation à partir du 4 enfants du couple. Sur le même volet nous réclamons la reconnaissance du mariage coutumier. Mieux l'adoption finale de la loi Bilie bi Nze.
Nous voulons la loi sur la formation professionnelle obligatoire dès 17 ans pour tout enfant ayant abandonné l'enseignement général.
Nous voulons, la réduction de 15 à 20% des charges aux entreprises qui emploient 75% des gabonais,
Nous voulons la publication tous les trois mois des dépenses liées au budget d'investissement,
Nous voulons le droit de propriété aux communautés car il y a trop de déguerpissent et d'expropriation. Nous voulons la loi sur le droit de vote des étrangers en situation régulière aux élections locales comme les municipales.
Nous voulons une prise en compte des chômeurs par une allocation chômage.
Nous voulons la fin de la location par l'Etat des maisons des particuliers .
Nous voulons la valorisation des compétences locales et la réduction des étrangers aux affaires.
Nous voulons la réduction des prix des produits de premier nécessité.
Nous voulons la vraie lutte contre l'insécurité dans nos quartiers et surtout l'éclairage des villes.
Nous voulons une bonne solution pour le transport urbain.
Nous voulons enfin la conception d'un symbole d'identité nationale, un objet qui n'est ni armoiries encore moins une imitation de l'occident.
Chers compatriotes de l'opposition et du pouvoir vous avez ici les préoccupations du peuple. Vous avez là une piste de solution à nos problèmes.
Je préfère agir par ces propositions que d'aller m'exposer au soleil pour réclamer une chose que l'on obtiendra jamais à savoir la vacance du pouvoir. Je n'irai non plus curer les caniveaux pour après ramasser une maladie. Non non chers amis c'est à ces deux camps d'agir pour l'amélioration de nos conditions de vies.
Enfin, je termine en disant qu' un président est une institution, or le spectacle désolant vécu ce samedi 23 ne fait pas grandir cet homme. M.Ali Bongo est encore fatigué donc on doit lui laisser du temps. Trimballer une personne aussi réduit physiquement fera encore amplifier la critique.
Arretez de penser à la place du peuple…pourquoi dépenser autant d'argent pour une parodie pareille. Au lieu de nous distraire avec les dénonciations et organisations des spectacles, svp mobiliser les fonds pour sortir le Gabon de cette crise financière.
Je vous remercie
                                       Mve Nze
                               Citoyen gabonais.