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S’il y a une réalité qui sépare les deux hommes c’est que l’un parle du Gabon et l’autre d’un pays utopique déconnecté des réalités quotidiennes des gabonais. Loin pour nous de prendre position pour l’un ou l’autre. Un adage connu de chez nous nous rappelle qu’on juge l’homme à travers ses paroles. Alors quel est le fond des deux discours.

Nous commençons avec les propos introductifs : « Mes chers compatriotes, En vous présentant mes vœux pour la nouvelle année, c’est un message de confiance et de détermination que j’adresse aux Gabonaises et aux Gabonais, où qu’ils se trouvent dans le monde ». L’entame de ce discours repose sur deux mots forts, la confiance et la détermination. Oui il faut le dire de nombreux gabonais ont perdus confiance mieux l’espoir de voir un jour le soleil de la liberté. Mais en ajoutant le mot détermination on comprend aisément que la lutte continue pour cette année 2017. M. Jean Ping vient de franchir un nouveau cap, car personne ne s’imaginait qu’il s’adressera à la nation et pour ces opposants il lance un message fort qui rappelle que le jeu n’est qu’à son début.

Si l’on peut affirmer que Jean PING est un fin politique, il est aussi important de souligner que ces détracteurs le trouvent un peu hésitant dans la prise de décision.  « Je mesure avec gravité la crise sans précédent que traverse notre pays, particulièrement depuis le coup d’État militaro-électoral qui a offert le spectacle de la forme la plus achevée de la cruauté humaine devant la Nation et le monde entier. Il reste à l’histoire de les juger ». Depuis les années 60, aucun récit ne relate une violence telle que vécue le 31 aout 2016, même le coup d’Etat de 1964 n’a fait autant de morts. M. Jean PING se définit ici comme un homme qui est proche de la souffrance du peuple.  En retour, il y a lieu de dire que son adversaire Ali Bongo est caractérisé par un syndrome d’amnésique habillé d’un discours manichéen.  « Mes chers compatriotes, L’année 2016 qui s’achève a été une année très difficile, marquée au niveau international par une crise économique qui n’a épargné aucun pays, mais aussi par des violences et des conflits de toutes natures qui ont endeuillé de nombreuses familles de par le monde ».  Ali BONGO se veut mondialiste alors que son pays traverse une crise politique et sociale depuis 2009. Son propos introductif  traduit son déni de réalité  qui refuse de nommer les faits. La crise mondiale dont parle  Ali Bongo ne justifie en rien le problème gabonais. Il sème une confusion dans son discours manicheén,  car la crise actuelle est plutôt politique qu’économique. « Le terrorisme, drapé du sceau de la haine et du fanatisme religieux, a frappé toutes les régions du monde et marqué de manière durable les esprits tant son action est apparue aveugle et barbare ». Parler de terrorisme dans un Gabon non engagé dans la lutte contre le phénomène est très décalé. Ali Bongo est indifférent face à la situation actuelle au Cameroun, aucun engagement militaire. Il y a lieu de se demander de quoi parle cet homme  et surtout que se cache derrière l’utilisation de la menace terroriste ?

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Comme à son habitude depuis 2009, Ali Bongo accuse les autres et pourtant les faits sont connus de tous. « Au plan intérieur, malgré les efforts engagés par le Gouvernement pour soutenir les ménages et diversifier l’économie, nombre de nos compatriotes ont ressenti très durement les contres-coups de la crise économique mondiale. De nombreux emplois ont été perdus dans le secteur du pétrole notamment. Mais l’année 2016 a également été difficile du fait d’une campagne électorale marquée par des discours de haine, et par une situation postélectorale qui a atteint des niveaux de tension inacceptables pour notre peuple. Les mots de haine, lâchés sans tabous et sans limites, ont laissé des blessures profondes au sein de nos familles et dans la société gabonaise ». Voilà le fond du discours d’Ali Bongo qui se sert de la crise mondiale pour justifier son échec.  Un raccourci pour se dédouaner, une preuve de plus que cet homme ne respecte pas son peuple qui pleure ses morts. Durant 7 ans Ali BONGO et les siens ont géré 23000 milliards de franc cfa avec aucune grande réalisation majeure à la clé et comme à son habitude il emploie un discours mondialiste.  Sur le plan politique, il pense toujours que les gabonais sont immatures au point d’adhérer à un discours tribaliste. Un homme d’Etat devait commencer par dire à son peuple qu’il à compris les cris de désespoir. Il devait commencer par reconnaitre qu’il s’est trompé dans sa gestion et que le temps était venu pour que ces erreurs soient corrigées.

Des deux discours, on peut facilement lire que Jean PING s’adresse au peuple qu’il connait les aspirations alors qu’Ali BONGO s’adresse à un peuple qu’il ignore totalement les attentes. C’est très dangereux pour un acteur politique de son temps d' être si deconnecter de la réalité. La détermination du peuple gabonais  a atteint un niveau inquiétant au regard des faits. Il suffit de faire le tour de ville écouter les conversations des gabonais de toutes les classes confondues pour se rendre compte que le problème du Gabon c’est Ali BONGO et non la crise mondiale.

Le sang a été versé et personne n’a été jugé pour ça, ces morts et cette nouvelle forme de violence reste le point de divorce  entre Ali BONGO et le peuple gabonais. Le pire c’est que les obligés de cet homme se moquent de la souffrance des gabonais endeuiller. Les gabonais se veulent un peuple élitiste mais avec Ali BONGO les militaires et autres briquant armées font la pluie et le beau temps. Le Gabonais se sent menacer au quotidien et face à ça il propose le loisir comme la CAN.

Il est temps que la volonté soit respecté et c’est dans cette logique que Jean PING prend les dessus sur Ali BONGO en annonçant qu’: «  Il sera rendu possible si les gouvernants font le choix du respect de la volonté du peuple souverain, le choix de l’éthique dans la gestion publique, le choix de la transparence dans la gestion publique, le choix d’une gouvernance économique moderne.
Au cours de cette année 2017 qui va commencer, la résistance à l’obscurantisme et à la dictature doit constituer notre priorité. Comme jamais, l’avenir du Gabon se jouera en 2017 
». Si Ali BONGO a encore le sens de la retenu et de la responsabilité, il doit prononcer un nouveau discours pour tracer les grands axes de son départ. Rien ne peut arrêter le vent disait André Mba Obame aujourd’hui le mouvement est lancé.

Comme on vous l’annonçait, le processus de destitution d’Ali BONGO est en marche l’acte UN (1) est ce discours de présentation de vœux de M. Jean PING. Depuis hier, ce discours a été suivi 50000 fois alors que celui d’Ali BONGO peine à franchir les 5000 vues c’est aussi ça le baromètre.

Ali BONGO vit seul son rêve qui l’entrainera dans le cimetière des dictateurs. «   J’ai instruit le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, de réunir très rapidement les conditions d’un dialogue politique, rendu indispensable par la volonté générale d’écrire un nouveau chapitre de notre histoire commune. Ce dialogue politique, qui s’ouvrira au lendemain de la CAN 2017, devra aborder toutes les questions relatives à la vie institutionnelle de notre Pays, à son développement et au renforcement de sa place dans le concert des Nations ».  Faut-il rappeler à Ali BONGO que c’est plus lui qui fixe l’agenda mais le peuple gabonais. Depuis le 31 aout ce monsieur a rompu le pacte républicain. Il n’y a  plus de lien entre le pouvoir actuel et le peuple. La preuve de la détermination du peuple sera dévoilée le 14 janvier devant le monde entier.  C’est ainsi que les peuples de tous les pays retiendront qu’en Afrique,  un petit peuple déterminé et audacieux vivant dans la forêt équatoriale  a fait tomber un régime  dictatorial de 50 ans en plein CAN.